Lettres pour me raconter

Je t’écris aujourd’hui pour te parler de mes peurs, de mes tremblements. J’espère que tu seras indulgente envers moi, que tu me comprendras sans me juger.

Tu sais, j’ai peur de ne pas trouver un métier idéal, peur de ne pas trouver la personne avec qui je partagerai le grand amour. Je t’entends déjà me dire « Laisse faire les choses et tout ira bien, ne te casse pas la tête ! » J’apprécie cette phrase magique, mais j’aimerais plutôt te programmer en moi.

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Lettres pour me raconter

J’écris cette lettre à quelqu’un qui m’est cher. J’écris cette lettre à quelqu’un qui est loin de moi. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne me connaît pas encore. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne peut pas me répondre.

L’innocence s’en est allée au fil des âges. Tu n’es plus là et je sais que plus jamais je ne te reverrai. Parfois tu me manques. Je me souviens de toi avec une petite coupe à la garconne qui aimais jouer avec les insectes et cueillir des fleurs au contact de tes plus doux amis, les chats. En ce temps-là, rien n’avait d’importance. Tu n’avais rien à décider. Tu n’étais qu’une enfant.

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Lettres pour me raconter

Chères pensées,

Je vous dédie cette lettre qui ne sera sans doute pas la dernière. Vous êtes si nombreuses, insaisissables, changeantes… Parfois sous forme de souvenirs, d’images ou encore rattachées à une sensation… Vous êtes là, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou sous un grand soleil, dans mon espace, mon univers d’adolescent. Vous me perturbez, me rendant parfois taciturne ou a contrario plus fort. Si vous savez être d’une aide précieuse en contribuant à la construction de l’adulte que j’essaie de devenir, je sais aussi que vous pouvez être meurtrières.

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Lettres pour me raconter

Il y a toujours de l’espoir. Peu importe le problème, on finit par s’en sortir. Enfin… C’est ce que je pensais.

Depuis quelques semaines, je me rends compte qu’on ne guérit pas de toi. On passe au-dessus, on arrête d’y penser. Quand on est suivi, on nous conseille de trouver une raison de se battre, pour se relever et aller de l’avant. On va mieux, on sourit, on rigole, on s’accroche à notre nouvelle vie. On travaille, on révise pour se construire un avenir. On tombe amoureuse. Bref, on pense en avoir fini.

Mais voilà, un jour on ne peut plus sortir et on se retrouve avec soi-même, entre quatre murs. On ressasse le passé, on se questionne sur le monde et on repense à ces anciennes blessures qui nous ont été infligées.

Les angoisses remontent, notre respiration s’accélère, les larmes refont surface et nos pensées noircissent. On sent que notre liberté s’est enfuie, sans intention de revenir.
On est seul avec notre amie la solitude qui nous a déjà accompagnés pendant de longues soirées. Ces souvenirs nous hantent.

Mais il n’y a pas le choix. On se lève, on descend les escaliers et là, on la voit, notre famille. On ne remarque pas la chance que l’on a de l’avoir près de nous, pendant ce temps de confinement. Non on ne le voit pas. On passe à côté d’elle, et de leur côté, pas de réaction. Pas de bonjour, juste un “merci de nous faire honneur de ta présence”. Ce ton sarcastique, je ne le supporte plus.

On retourne alors dans notre petit espace, une chambre je crois. Mais est-ce bien cela quand on y passe toute sa journée ? Quand on y a de très mauvais souvenirs. Quand les palpitations se font ressentir car c’est ici-même, il y a deux ans, qu’on a imaginé en finir avec sa vie.

Pour certains, le confinement est une partie de vacances, des congés payés. Pour d’autres, il représente une période de chômage partiel imposé ou encore un calvaire d’être touché par la maladie, avec la peur de voir ses proches souffrir, voire partir.

Un jour quelqu’un m’a dit qu’il fallait « ne jamais perdre espoir”.
C’est peut-être vrai et j’espère que je pourrai le confirmer dans quelques mois.

Merci de m’avoir permis de mettre des mots sur mes maux.

Lola, Lille

Lettres pour me raconter

Chaque jour j’espère que tout changera, mais ça recommence. Le temps avance et les grains du sablier ne se figeront jamais. Il faut vivre sa vie comme si chaque jour était le dernier. Vivre, pour ne rien regretter. Surtout pas ce qu’on a raté. Aujourd’hui j’ai fait mon deuil. Tu as joué ton rôle de pansement. Je pleure moins, et même je souris, parce que je sens sa présence, comme une bonne étoile.

Je ne sais pas exactement où tu vas m’emmener, mais je sais que j’aimerais aider les autres à réaliser leurs rêves. L’avenir ? Il n’y a rien à dire, rien à écrire. En nous mettant la pression, on nous empêche de briller. On n’a pas besoin de questionnaire, pas besoin de tableaux à remplir pour connaître l’avenir. Si le hasard fait bien les choses, je les ferai par hasard. Sinon ce sera les jeux de dés du destin.

Je n’ai pas peur pour mon avenir, je sais que je finirai quelque part et si je ne suis pas idiote, en chemin je n’aurai pas fait les pires choix.

Fanny, France

Lettres pour me raconter

Mes chères angoisses,

Quand j’ai appris que nous allions tous être confinés, j’ai immédiatement pensé à vous. Voici ma déclaration de guerre.

À toi d’abord, ma Claustrophobie, contre qui je me suis battue pendant si longtemps. J’ai d’abord pensé être en sécurité dans un lieu clos, et pourtant ma plus belle évasion a été de partir loin de mes dix-neuf années de routine chez mes parents, de découvrir de nouvelles choses et d’être maîtresse de mes choix.

Après six jours de confinement dans mon appartement strasbourgeois avec mes deux colocataires, tu reviens me guetter et tu secoues ton trousseau près de mes oreilles. Mais aujourd’hui, je te connais bien. Je parviendrai à te berner et à anticiper tes attaques.

À ton tour « Oh Cher Ennui !». Avachie sous mon plaid, j’entame le cinquième épisode de la série choisie par défaut la veille. Tu me fixes droit dans les yeux. J’aperçois les commissures de tes lèvres se relever et tes pattes d’oie se plisser. Je te vois malicieux, me tournant autour, ton arc à la main. Sois en sûr, ta flèche et sa trajectoire droite n’atteindront pas mon esprit, capable de bien des tours.

Arrivent enfin celles qui m’envahissent quotidiennement : la Solitude et la Dépendance affective. Sœurs d’armes depuis mon adolescence, j’ai réussi à vous contrer par une vie sociale riche et un métier de proximité. Aujourd’hui, pour la première fois, je me retrouve sans bouclier et sans armure. Mais je suis prête à vous faire face, et je tiendrai contre vous Mesdames ! S’il le faut, j’emploierai toute ma volonté car si je tombe, la grande et puissante Dépression viendra conquérir mon cerveau. Et elle, elle n’est pas angoissante, non ! Elle est terrifiante et a déjà possédé mon royaume… Il est hors de question qu’elle revienne.

Alors aujourd’hui mes chères angoisses, servantes de cette période étrange de flottement et guerrières de votre Reine Dépression, je vous l’annonce : vous me faites peur mais je suis prête à vous affronter !

Et qui sait, peut-être que cette fois j’arriverai à vous vaincre pour de bon.

Elisa, Strasbourg

Lettres pour me raconter

Comment ça va ma vieille ? On m’a dit que tu avais du beaucoup changé. Tant mieux ! Toi qui avais si peur de l’avenir, tu es la preuve sur patte qu’il ne fallait pas tant stresser. Regarde-toi, tu as réussi à devenir qui tu es. J’aimerai tellement que tu me dises comment en es-tu arrivé là, quel chemin suivre ? J’ai peur de me tromper, peur d’échouer. 

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Lettres pour me raconter

Je doute qu’un jour j’aurai le courage de vous montrer cette lettre. Mais c’est juste un prétexte pour dire tout ce que j’ai gardé depuis mon enfance. D’abord sachez que je vous aime. Mes parents, mon frère et mes sœurs. Je ne sais pas combien de fois je l’ai dit mais ça ne sera jamais trop. 

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