Lettre à la nature en repos

Je n’avais jamais vu autant d’oiseaux devant la maison que depuis qu’on n’a plus le droit de sortir de chez nous. Les animaux, petits et grands, reprennent leurs droits. J’aime les voir danser de l’autre côté des fenêtres. Ils me donnent de l’espoir. Ils ont l’air tellement insouciants. Leur plus grande préoccupation en ce moment est de nourrir leurs petits. Nous ne sommes pas très différent en vérité, cela préoccupe aussi beaucoup de parents.

Les oisillons d’en face sont tombés de leur nid. Nous sommes tous en mode survie et pour cela nous sommes revenus à nos besoins essentiels. Je pense même que les animaux en général sont plus souvent en train d’essayer de survivre que nous, humains. En mettant à mal la nature qui devrait toujours être en repos, on s’attaque aussi à sa faune et sa flore. Mais j’ai l’espoir que les personnes qui se sont rapprochées de toi pendant cette période vont continuer à te chouchouter.

Je me demande quand même combien de personnes vont penser à tout cela et vont changer leur mode de vie. Je ne pense pas qu’ils seront si nombreux. C’est compliqué d’enlever des habitudes aux gens même si cela fait des mois qu’elles sont chamboulées. Les voitures ont repris le chemin du bitume. Je suis la première à m’être mise au volant. Tu ne m’en veux pas trop ?

Je veux que les gens ouvrent les yeux. Qu’ils arrêtent d’être idiots au point d’arriver à polluer nos belles étendues qu’elles soient bleues ou vertes. Une poubelle, c’est pas bien compliqué à trouver non ?! Je t’avoue que je ne sais pas réellement comment ces détritus se retrouvent à se reposer là où seuls animaux, plantes et arbres devraient se développer. Rien que cet exemple montre la bêtise humaine. Quand je vois ça je n’ai pas tant d’espoir. La prise de conscience n’a peut-être pas eu le temps de se faire. Pourtant le temps passe. Et tu ne nous as rien demandé. Je ne veux pas faire de généralités car des gens font des gestes pour te laisser au repos. Je ne suis pas un modèle.

J’achète parfois des produits trop emballés, j’oublie d’éteindre la lumière de la salle de bain et je ne mange pas forcément local. Grâce à cette période on a essayé de se rapprocher de producteurs locaux, de consommer les fruits et légumes de saison, d’acheter autre part que dans les supermarchés car ce n’est pas eux qui avaient besoin de nous pendant cette crise. J’essaie de me racheter. Je vais t’observer pour mieux t’aimer et m’imprégner de toi.

Je ne t’ai jamais considérée comme vitale à mes journées, même si chaque fleur croisée et chaque papillon qui s’envolait me procurait une sensation de liberté. Mais ma conscience a eu le temps de mûrir et je suis prête à arrêter d’acheter dans les magasins beaucoup trop connus pour avoir besoin de moi comme cliente, je vais continuer à aller dans les magasins de vrac, j’ai déjà et je vais continuer à diminuer ma consommation de viande.Tout cela c’est pour toi, mes lectures ont eu un impact sur moi et je veux à tout prix t’honorer. C’est une discussion qui revient souvent autour de moi et je me dis que de plus en plus de gens pensent à toi. On avance pas à pas et j’espère que ce n’est pas trop tard.

Excuse-moi de t’avoir brusquée. Je veux te laisser souffler. J’ai besoin de toi pour respirer. Petits oiseaux, continuez de venir me voir. Faites moi signe et sachez en retour que je me nourris de votre présence pour avancer.

Emma, Damprichard

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