“Qu’on leur dise que tu es autre chose
qu’une boîte qu’on gave de savoir.
Quelqu’un qui pense le monde,
qui le rêve, qui le dit,
et qui fera le monde demain”
Tell them you are more than just a vessel
to be filled with knowledge.
You are someone who thinks about the world,
who can speak of it,
and who will shape tomorrow.”
S. Roubato Trouve le verbe de ta vie, 2018, Find the Verb of your Life, 2018.
Dans une société où les générations sont cloisonnées, lycéens et jeunes adultes sont de plus en plus cantonnés à être des consommateurs passifs de savoir plutôt que des citoyens en devenir, prêts à s’intégrer dans à un monde qu’il nous faut pourtant réinventer. Ils ont pourtant un regard aiguisé sur notre époque, et méritent d’être pris en compte dans le débat public.
Ce média est une fenêtre d’accès au regard que portent les adolescents et les jeunes adultes francophones sur notre époque. Sur le modèle du livre Lettres à ma génération de Sarah Roubato (ed Michel Lafon), les 15-25 ans sont invités à écrire une lettre à un destinataire qui ne peut pas répondre (un personnage du passé, un sentiment, un phénomène de société, un objet, un lieu…).
Avec ce média, nous voulons :
offrir aux jeunes un espace d’expression par les mots, en dehors du cadre scolaire. Un lieu d’échange et de découverte où chacun pourra lire la parole d’autres jeunes, près de chez eux, aux quatre coins de leur pays et même au-delà ;
offrir aux parents et enseignants une fenêtre d’accès à ce que pensent et ressentent leurs enfants et leurs élèves. Leurs préoccupations dans un monde qui les inquiète, leur rapport aux adultes, aux gens de leur âge, leur étonnante autocritique, leurs relations aux autres et leur capacité à plonger en eux-mêmes ;
offrir aux acteurs de l’éducation, animateurs, coachs sportifs, artistes, thérapeutes, enseignants, des outils qu’ils peuvent appliquer dans leurs domaines ;
encourager les médias à intégrer le point de vue d’un jeune dans leurs émissions et papiers régulièrement ;
offrir à tout citoyen soucieux de construire un autre monde un laboratoire de réflexion sur la société de demain, un poste d’observation des malaises de notre époque et de ses potentiels de guérison ;
offrir à tous la puissance des mots et de l’écriture pour réapprendre à faire société.
Pour les enseignants :
Ces lettres peuvent servir d’outil pédagogique en français, histoire, philo ou encore éducation à la citoyenneté. N’hésitez pas à proposer cet exercice à vos élèves ! Les catégories de destinataires possibles sont : objet, sentiment, lieu, animal, élément de la nature, phénomène social, personne disparue, personnage imaginaire, concept. Sachez toutefois que nous ne pouvons pas prendre d’homonymes (c’est à dire de lettres adressées même destinataire) sauf pour les lettres concernant l’éducation (lettre à l’école / à mon prof idéal) mais pas de panique ! Il peut y avoir des dizaines de destinataires possibles pour aborder le même sujet, par exemple :
- éducation nationale/école : lettre à mon cartable, à mon agenda, à la fenêtre de ma salle de classe, à mon sourire en sortant de l’école…
- avenir : lettre à la personne que je serai demain, à mon espoir, à ce qu’on me dit de faire, à mon futur bureau, etc.
- absence : lettre à la chaise vide, à ta tasse du petit déjeuner, au deuxième oreiller, aux étagères vides…
- laïcité : lettre à ma religion en République, à la croyance de l’autre, à un athée
Vous trouverez ici un PDF présentant le projet, et des affiches tirées de quatre lettres différentes que vous pouvez imprimer partager et afficher : affiche1-rue affiche2-anorexie, affiche3-école affiche 4-à mes parents
Genèse du projet
Cette expérience a été menée par l’écrivain Sarah Roubato dans de nombreux lycées professionnels et généraux et établissements d’enseignement supérieur en France, Belgique et en Suisse. Elle y a rencontré des élèves de tous niveaux et de tous milieux sociaux. Partout, ils ont écrit des perles ! Bien souvent, les lettres les plus poignantes étaient celles d’élèves déclassés. Ces trésors méritaient d’aller plus loin.
The project
In a polarised society where generations are isolated, teenagers and young adults are increasingly confined to being passive consumers of knowledge and performers of skills, rather than citizens in the making, already part of a world crying out for change. Yet they look at the world with a surprising acuity. We believe they deserve to be included in the public debate.
Following the model of Sarah Roubato’s book, Letters to my Generation (2018), people aged between 15 and 25 years old are invited to write a letter to a recipient who cannot reply (a figure from the past, a feeling, a social phenomenon, an object, a place…) on any subject they like. In the space of a few months, we collected hundreds of letters, including : letter to the window of my classroom, letter to my 89 year-old friend, letter to my laziness, letter to the house my father built, letter to my uterus, letter to who I may become, letter to my dream job, letter to today’s school, letter to my violator, letter to hope, etc.
Our ambition is to :
provide young people with a space outside school to express themselves. A platform where they can read what other people of their age close to home, across their country or beyond, care about
offer parents and teachers insights into what children and students think, feel, and aspire to. They will be surprised by their desires for other relationships with adults and peers, their unexpected self-criticism, and their genuine aspirations.
provide all actors of education – sports coaches, artists, therapists, teachers – tools they can use
share with researchers a perspective on our society and its potential for healing
give every citizen concerned about the future the chance to learn more about the young
offer everyone the power of words and writing
Origins of the Project
This experiment was conducted by writer Sarah Roubato in numerous schools and colleges in France, Belgium and Switzerland. Very often, the most poignant letters came from students who were not well-graded academically. She thought they deserved better.