Lettre à la petite que j’étais

J’écris cette lettre à quelqu’un qui m’est cher. J’écris cette lettre à quelqu’un qui est loin de moi. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne me connaît pas encore. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne peut pas me répondre.

L’innocence s’en est allée au fil des âges. Tu n’es plus là et je sais que plus jamais je ne te reverrai. Parfois tu me manques. Je me souviens de toi avec une petite coupe à la garconne qui aimais jouer avec les insectes et cueillir des fleurs au contact de tes plus doux amis, les chats. En ce temps-là, rien n’avait d’importance. Tu n’avais rien à décider. Tu n’étais qu’une enfant.

La vie ne t’a pas été clémente mais tu étais toujours souriante. Tu riais pour tout. Parfois tu n’avais plus le courage de sourire. Le monde était trop dur à affronter. Je connais ton histoire, ce que tu subis chaque jour à l’école : les moqueries, les insultes, les mises à l’écart. La solitude, la transparence, l’impression d’être inutile. Je sais la boule au ventre que tu avais chaque matin. Tu sentais déjà à quel point la vie allait être difficile.

Aujourd’hui tu observes tout ce qui se passe autour de toi. Tu ressens. Et parfois tu as peur. Parce que tu ne comprends pas tout. Rassure-toi, même plus tard tu ne comprendras pas tout, et ce n’est pas grave. Le mystère fait partie de la vie.

Ne baisse pas les bras, car des jours meilleurs viendront. Tu seras souvent seule, mais tu seras sereine et en paix, loin de ces mauvaises personnes. Tu deviendras une femme, pas toujours sûre d’elle, mais qui essaie de l’être un peu plus chaque jour. Le ciel ne sera pas toujours noir, la vie ne sera pas toujours rose mais tu trouveras un équilibre. Et tu pourras enfin commencer à vivre pour toi.

Garde le sourire, on se retrouvera bientôt.

Marine, Belfort.

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