Lettres pour me raconter

Grand-mère,

Tu ne comprends pas le français, je le sais. J’en suis désolée, mais c’est la langue que je maîtrise le mieux. Et j’ai besoin de maîtriser la langue avec laquelle je t’écris, pour trouver les mots, pour être capable de te les dire.

Cela faisait déjà des mois que tu ne sortais pas, ce n’était pas dans tes habitudes. Et pourtant, il a fallu que ce virus te rattrape… Comme quoi on n’échappe pas à son destin…

Continuez la lecture “Lettre à ma grand-mère emportée par le corona virus”

Lettres pour dire le monde

Il est dix-neuf heures et neuf minutes. Le ciel est dégagé, les oiseaux chantent de tous les côtés. Étendue dans le hamac, je ne te vois pas. Pourquoi n’es-tu pas là ?

J’ai promis à Mone et Christian, mes voisins, que ce soir, tu nous dévoilerais ta robe rose. Je tiens tellement à te voir ! Chaque soir je lève la tête et je m’endors en rêvant qu’un jour, je t’atteindrais.

Continuez la lecture “Lettre à la lune”

Lettres pour me raconter

Je t’écris aujourd’hui pour te parler de mes peurs, de mes tremblements. J’espère que tu seras indulgente envers moi, que tu me comprendras sans me juger.

Tu sais, j’ai peur de ne pas trouver un métier idéal, peur de ne pas trouver la personne avec qui je partagerai le grand amour. Je t’entends déjà me dire « Laisse faire les choses et tout ira bien, ne te casse pas la tête ! » J’apprécie cette phrase magique, mais j’aimerais plutôt te programmer en moi.

Continuez la lecture “Lettre à la pensée positive”

Non classé

C’est la première fois que je m’adresse à vous directement, et cela, curieusement, m’amuse beaucoup !

Depuis des jours, des semaines, des mois, des années, je tente inlassablement, sans répit de vous faire taire. Mais vous me rappelez, à chaque moment de faiblesse, que vous êtes toujours là, prêts à me faire douter du monde qui m’entoure et de moi-même, à me faire replonger dans vos limbes, si confortables, si terrifiantes, si proches de moi.

Continuez la lecture “Lettre à mes démons”

Lettres pour me raconter

J’écris cette lettre à quelqu’un qui m’est cher. J’écris cette lettre à quelqu’un qui est loin de moi. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne me connaît pas encore. J’écris cette lettre à quelqu’un qui ne peut pas me répondre.

L’innocence s’en est allée au fil des âges. Tu n’es plus là et je sais que plus jamais je ne te reverrai. Parfois tu me manques. Je me souviens de toi avec une petite coupe à la garconne qui aimais jouer avec les insectes et cueillir des fleurs au contact de tes plus doux amis, les chats. En ce temps-là, rien n’avait d’importance. Tu n’avais rien à décider. Tu n’étais qu’une enfant.

Continuez la lecture “Lettre à la petite que j’étais”

Lettres pour me raconter

Chères pensées,

Je vous dédie cette lettre qui ne sera sans doute pas la dernière. Vous êtes si nombreuses, insaisissables, changeantes… Parfois sous forme de souvenirs, d’images ou encore rattachées à une sensation… Vous êtes là, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou sous un grand soleil, dans mon espace, mon univers d’adolescent. Vous me perturbez, me rendant parfois taciturne ou a contrario plus fort. Si vous savez être d’une aide précieuse en contribuant à la construction de l’adulte que j’essaie de devenir, je sais aussi que vous pouvez être meurtrières.

Continuez la lecture “Lettre à mes pensées”

Lettres pour me raconter

Il y a toujours de l’espoir. Peu importe le problème, on finit par s’en sortir. Enfin… C’est ce que je pensais.

Depuis quelques semaines, je me rends compte qu’on ne guérit pas de toi. On passe au-dessus, on arrête d’y penser. Quand on est suivi, on nous conseille de trouver une raison de se battre, pour se relever et aller de l’avant. On va mieux, on sourit, on rigole, on s’accroche à notre nouvelle vie. On travaille, on révise pour se construire un avenir. On tombe amoureuse. Bref, on pense en avoir fini.

Mais voilà, un jour on ne peut plus sortir et on se retrouve avec soi-même, entre quatre murs. On ressasse le passé, on se questionne sur le monde et on repense à ces anciennes blessures qui nous ont été infligées.

Les angoisses remontent, notre respiration s’accélère, les larmes refont surface et nos pensées noircissent. On sent que notre liberté s’est enfuie, sans intention de revenir.
On est seul avec notre amie la solitude qui nous a déjà accompagnés pendant de longues soirées. Ces souvenirs nous hantent.

Mais il n’y a pas le choix. On se lève, on descend les escaliers et là, on la voit, notre famille. On ne remarque pas la chance que l’on a de l’avoir près de nous, pendant ce temps de confinement. Non on ne le voit pas. On passe à côté d’elle, et de leur côté, pas de réaction. Pas de bonjour, juste un “merci de nous faire honneur de ta présence”. Ce ton sarcastique, je ne le supporte plus.

On retourne alors dans notre petit espace, une chambre je crois. Mais est-ce bien cela quand on y passe toute sa journée ? Quand on y a de très mauvais souvenirs. Quand les palpitations se font ressentir car c’est ici-même, il y a deux ans, qu’on a imaginé en finir avec sa vie.

Pour certains, le confinement est une partie de vacances, des congés payés. Pour d’autres, il représente une période de chômage partiel imposé ou encore un calvaire d’être touché par la maladie, avec la peur de voir ses proches souffrir, voire partir.

Un jour quelqu’un m’a dit qu’il fallait « ne jamais perdre espoir”.
C’est peut-être vrai et j’espère que je pourrai le confirmer dans quelques mois.

Merci de m’avoir permis de mettre des mots sur mes maux.

Lola, Lille